Démarche de vie

Test de lieu de vie (1)

Maintenant que les Hautes-Alpes c’est fini, on fait quoi ?

Toujours dans ma quête d’apprentissage de l’autonomie (alimentaire, énergétique…), dans ma volonté de diminuer mon impact écologique, et dans ma recherche du lieu dans lequel je me sente assez bien pour envisager un projet d’installation, j’ai décidé de (re)partir… en Corse !

Une région qui, depuis que je la connais, a toujours eu une place particulière dans mon cœur. Des paysages, une ambiance, et des gens que je ne retrouve nulle part ailleurs et qui me parlent beaucoup.

Les choses peuvent être différentes selon qu’on y soit en vacances ou qu’on y vive. Et il n’y a rien de plus savoureux que d’apprendre à connaitre le quotidien d’un territoire, sa culture et ses modes de vie…

Donc -> je m’en vais tester un bout de vie là bas, tout en souhaitant apprendre encore un maximum de choses, notamment en permaculture et éco-construction.

Pour moi, cela n’avait pas trop de sens d’aller en Corse pour me trouver un travail quelconque et très prenant qui me permette simplement de payer un loyer et ma nourriture. J’avais vraiment envie d’être utile, et d’apprendre sur le terrain en regardant d’autres projets se mettre en place et fonctionner. J’ai donc décidé de commencer mon bout de vie en Corse par des Wwoofing.

Pour ceux qui ne connaissent pas le principe du Wwoofing, il s’agit d’aider dans des fermes bio, ou encore des petits gîtes etc, 4h par jours 5 jours par semaines, en échange du gîte et du couvert. Moyennant 25 euro pour 1 an, le site WWOOF (sigle qui veut dire un truc du genre « fermes biologiques dans le monde entier », en anglais. Enfin je crois.) met à disposition une liste d’hôtes, avec la possibilité de leur envoyer un message pour voir si votre venue peut les intéresser. Il y a des sites WWOOF pour chaque pays, moi je me suis donc inscrite au site WWOOF France. La durée du séjour peut varier de 1 semaine à plus longtemps, selon les besoins et vos envies. L’inscription au site est obligatoire pour être couvert en cas de pépin (en plus d’une assurance responsabilité civile que chacun se doit d’avoir), et pour que votre bénévolat ne soit pas considéré comme du travail au noir.

Bref, le Wwoofing me paraissait être une bonne solution pour m’alléger de la charge logement+ nourriture, tout en étant utile, en apprenant des choses et en conservant du temps libre. J’ai donc fait mes petites recherches, ai envoyé quelques messages, et j’ai trouvé mon premier hôte pour 3 semaines en septembre, dans le sud corse, près de Sartène !

Arrivée en Corse en bateau, à Propriano. Si j’ai bien un conseil à vous donner pour votre venue en Corse, c’est de prendre absolument le bateau en trajet de nuit. Ok c’est plus long et moins confortable que l’avion, mais les lumières du coucher de soleil sur la mer et du lever de soleil sur la Corse valent 100000 fois le coup. En étant sur le pont, à respirer l’air marin, à écouter le bateau transpercer l’eau, à laisser mon regard se perdre à l’horizon, j’ai éprouvé une sensation de bonheur et d’euphorie telle qu’on en éprouve rarement. J’ai pensé à tout ces gens qui, de nombreuses années auparavant, prenaient la mer pour tenter de trouver une vie meilleure sur un nouveau continent. Et eux, ils ne savaient pas ce qu’ils allaient découvrir de l’autre côté, ce qu’ils allaient faire, comment ils allaient vivre… En partant en bateau pour tenter une nouvelle vie en Corse, j’ai pu toucher du doigt les sensations qui devaient être les leurs, et je vous promet que c’est très fort.

J’étais chez un jeune homme ayant pour projet de s’installer sur un terrain assez excentré et de monter une pépinière. J’étais logée dans une caravane et la douche était alimentée directement par l’eau de la montagne, donc plutôt fraîche. C’était rustique, mais j’ai adoré ce retour à la simplicité, ce coin très tranquille où on voyait la voie lactée la nuit et où on entendait les sangliers discuter dans les forêts.

A cette période de l’année, mon hôte avait bien envie que je m’occupe un peu de son potager, histoire de ne pas le laisser à l’abandon. La mise en place de sa pépinière lui prend beaucoup de temps, et le potager était un peu délaissé. Je m’en suis donc occupé avec plaisir et amour. C’était la première fois que je m’occupais de petits bouts de pleine terre pour y semer des trucs, et j’ai adoré ça. J’ai construit des palissades pour y faire grimper des pois, j’ai arrosé avec amour mes petites graines… bref, la joie des choses simples de la terre 🙂

J’ai vraiment pris conscience que j’étais heureuse d’être ici, à pouvoir me balader pieds nus, à manger sous les arbres, à dormir au son de la nature, à faire pipi au clair de lune, alors que j’aurais très bien pu être dans un bureau à passer ma journée devant un ordinateur en attendant le week-end. J’ai pris conscience que j’étais heureuse des choix de vie que j’avais fait, et que j’étais en train de faire. On me dit que c’est bien beau ce que je fais, mais qu’en attendant je ne gagne pas ma vie. Certes, je ne gagne pas de sous, et je dois travailler de temps en temps sur de courtes périodes pour avoir un minimum qui me permet au moins de prendre mes billets de transports, mais en attendant je dors dans un lit et je mange à ma faim tous les jours. Certes je ne peux pas mettre d’argent de coté pour prévoir le futur, mais au présent, tous mes besoins sont comblés. Alors pourquoi s’en faire ?

En dehors de mes heures de travail, je suis restée plutôt casanière. De 1 parce que je me sentais assez bien sur le terrain pour ne pas avoir envie de courir dans toute la Corse pour m’occuper, de 2 parce que j’ai vraiment savouré ces longues lectures à l’ombre dans mon hamac, et de 3 parce que réduire son impact écologique dans un lieu où les sentiers de rando n’abondent pas (il n’y en avait pas là où j’étais…) implique forcément de retourner à plus de sédentarité. J’ai quand même été 2 ou 3 fois sur le littoral, pour me baigner (moi qui n’aime pas me baigner dans la mer, j’ai été conquise par l’eau transparente et chaude de la Corse !!!) et visiter Sartène.

 

La fin du mois de septembre est arrivée, et je me suis trouvé un autre Wwoofing, dans le nord de la Corse cette fois ci, près d’Île Rousse. A priori j’y resterai jusqu’à mi Novembre… Je vous donne donc RDV dans quelques semaines pour un autre bilan de Wwoofing, et en attendant vous pouvez me suivre au jour le jour sur ma page Facebook ou Instagram 🙂

4 réflexions au sujet de “Test de lieu de vie (1)”

  1. Merci pour ces mots qui nous amènent en voyage à tes côtés, au contact de cette simplicité que l’on croyait perdue.
    Des décors magnifique, une expérience humaine dont on imagine tout juste la puissance et un reancrage dans le monde, dans ce qu’il a de plus réel.
    En attendant je vie cette expérience par procuration alors continue de nous faire voyager a tes côtés.

    Une patatoes qui se dirige vers son ordinateur ou elle attendra le weekend 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *