Démarche de vie

Stage survie niveau 1 avec le CEETS

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Pourquoi ?

C’est drôle de voir la réaction des gens lorsqu’on dit qu’on va participer à un « stage de survie ». Il y a de suite une sorte de flottement, à la fois un peu ironique et dubitatif. Pourquoi diable aller apprendre à chasser l’ours sauvage à main nue, s’habiller de branches d’arbre et construire des cabanes à partir de la peau de nos ennemis ? D’emblée, on est à la limite d’être catégorisé « survivaliste catastrophiste » des temps modernes.

Effectivement, le nom « stage de survie » n’est pas heureux. D’ailleurs, le CEETS (Centre d’Étude et d’Enseignement des Techniques de Survie) y préfère le terme « stage de gestion du risque en milieu naturel ». Si le terme « survie » est plus vendeur, c’est pourtant bien la gestion des risques et l’adaptabilité qui sont enseignées durant ces stages.

A la question « pourquoi survivre ?», je réponds « parce que la probabilité que la balade champignon du dimanche entre amis tourne un peu mal à cause d’une cheville foulée ou d’une carte d’orientation mal lue n’est pas nulle. Parce que l’orage passe au dessus de la tête de n’importe qui. Parce que savoir s’orienter, faire un pansement en cas d’hémorragie ou encore trouver de l’eau potable ne sont des compétences superflues pour personne. Ne pas être complètement une quiche vulnérable une fois sortie de la ligne 9 du métro, ce n’est pas franchement déconnant comme prétention 🙂

En réalité, la situation de survie arrive très vite. Pas besoin de pousser jusqu’à l’attaque zombie dans un monde post-apocalyptique. Quand on sait qu’on meurt au bout de 3 secondes sans vigilance, 3 minutes sans oxygène dans les centres vitaux, 3 heures sans pouvoir réguler sa température corporelle, 3 jours sans boire, 3 semaines sans manger…. On comprend que la situation de survie peut en réalité vite arriver à n’importe qui. Les morts bêtes en milieu naturel touchent même les meilleurs, il suffit de suivre un peu l’actualité pour le savoir.

Et puis, quel gain en confiance en soi et en sérénité lorsqu’on sait qu’on est capable de s’adapter à des situations imprévues et potentiellement stressantes, d’apprendre à voir le milieu naturel comme un concentré de solutions possibles, de mettre ses amis ou sa famille en sécurité…

C’est pour toutes ces raisons là que je me suis inscrite à mon premier stage survie avec le CEETS. Un stage intensif de niveau 1, sur 3 jours et 2 nuits.

Depuis le temps, j’ai un peu l’habitude d’être dehors. Je fais de la rando en itinérance en montagne, j’ai bivouaqué une dizaine de jours au milieu de la pampa du Spitzberg en plein hiver, j’ai passé 3 semaines au Groenland en mode bivouac+ kayak… mais j’étais quand même stressée à l’idée de participer à ce stage.

J’avais peur que malgré ça je sois la plus nulle du groupe, maladroite comme tout avec mon couteau flambant neuf et mon cerveau beaucoup trop doué dans le calcul des probabilité de risque de chaque geste que je fais. J’avais peur de ne pas savoir gérer ma peur du feu, peur de ne pas savoir comment m’intégrer dans une coordination de groupe, peur d’avoir peur… Bref, mine de rien ce stage était pour moi une sortie de zone de confort, et ça me faisait flipper.

Mais comme je dis :

« Si ça te fait peur alors qu’il n’y a pas de danger, c’est que tu es dans la bonne direction et que tu dois le faire »

La préparation

J’ai beau avoir déjà pas mal de matériel de rando, il m’en manquait un bon paquet pour cocher toutes les cases de la liste de matériel obligatoire pour ce stage. Je me suis faite rire toute seule lorsque j’ai déballé mon gros couteau et ma grosse couverture de survie. Mais qu’est ce que MOI je fous avec ces trucs !?

La fiche d’inscription étant assez stricte sur le matériel (sécurité oblige), j’étais pas mal stressée à l’idée d’oublier quelque chose ou d’avoir pris un truc inadéquat. J’ai appris plus tard que je n’avais pas été la seule à avoir relu 1000 fois la liste, et à être arrivée avec des sueurs froides le jour du contrôle du matériel. Les gars du CEETS font ça bien quand il s’agit de mettre la pression pour éviter que des gus se ramènent les mains dans les poches 😉

Une fois tout le matériel rangé dans mon sac, je regarde la bête avec sidération. Je n’ai JAMAIS eu un sac aussi lourd de toute ma vie. Même à mes débuts de randonneuse. Je le pèse par curiosité, et on frôle les 25 kg. La blague de l’année. Heureusement que j’ai un bon sac, un dos à peu près costaud et surtout que je sais qu’on ne va pas marcher beaucoup pendant le stage.

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L’arrivée

Lure, Haute-Saône, 8h40 du matin. Le ciel menace, la météo a été claire : ça sera pluie toute la journée. Je suis la 2ème au point de rendez-vous. J’aime être en avance, voir les gens arriver, sentir les dynamiques se former. J’aime assister à la naissance d’un groupe, cette entité si unique et éphémère qui n’existe sous cette forme là que parce que les gens sont tels qu’ils sont, à ce moment là, à cet endroit là, dans ce contexte là. J’aime sentir cette tension, cette timidité, ces frontières s’évaporer petit à petit.

Or la timidité est à son comble ce matin. Nous sommes 9 stagiaires, et personne ne sait à quoi s’attendre. Je crois que je ne suis pas la seule à me demander dans quoi je suis en train de m’embarquer.

Guillaume et Julien, nos deux moniteurs, nous font déballer les sacs pour vérifier qu’on a bien le matériel demandé. Le premier soulagement de tension se fait sentir lorsque tout le monde a son sac validé. C’est bon, on a le droit de participer !

Le stage

Incroyable tout ce qu’on a appris et vécu pendant ces 3 jours. J’ai vite compris que mes appréhensions initiales n’étaient pas justifiées. J’ai rempli des pages et des pages de notes, j’ai appris un bon paquet de gestes techniques simples, j’ai compris des notions essentielles et hyper transversales, et j’ai surtout passé des moments qui m’ont rendue fière de moi…

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Voilà dans les grandes lignes avec quels bagages sont ressortis les stagiaires du niveau 1 intensif avec le CEETS :

– Connaître les causes de mort en milieu naturel, comment les anticiper et les éviter au mieux

– Utiliser de façon sécuritaire nos outils

– Monter un abri d’urgence et faire du feu en quelques minutes

– Avoir des moyens mnémotechniques infaillibles qui permettent une analyse de situation et de risques méthodique et exhaustive (quelque soit le contexte,  que ce soit chez soi ou en randonnée !)

– Savoir passer la nuit dehors sans sac de couchage ni tente

– Comprendre comment grappiller des points de confort et de sécurité un peu partout pour que ça fasse la différence sur le long terme

– Connaître et utiliser à notre avantage les grands principes physiques et biologiques qui régissent notre relation corporelle à l’environnement

– Comment trouver de l’eau et la rendre potable, quelque soit sa qualité de départ

– Comment avoir des pratiques respectueuses de nous même et de l’environnement

– Les bases des premiers secours (à compléter avec une formation aux premiers secours)

– Savoir utiliser les essentiels de l’orientation avec carte et boussole

– Choisir et organiser son matériel pour qu’il soit efficient et polyvalent

Bilan

Quelque soit son niveau de départ, tout le monde apprend quelque chose de ce stage avec le CEETS. Le programme des 3 jours est construit de façon hyper intelligente et équilibrée, les moniteurs ont une pédagogie et des personnalités en or massif, et la limite de l’inconfort insurmontable n’est jamais franchie. Ce stage permet de sortir de sa zone de confort tout en se sentant complètement en sécurité pour expérimenter.

Vous l’aurez compris, je suis conquise à 200 % par ces stages « survie » et par le CEETS, dont le sérieux et la qualité pédagogique ne sont plus à prouver 🙂

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