Voyages

Backpacking en Espagne

A mon retour du Canada, je ne savais pas trop quoi faire. J’étais toujours dans ma démarche d’introspection, pour trouver quel sens je voulais donner à ma vie, et de quelle façon je pouvais la vivre au mieux.

Depuis que je vadrouille (2014), je sens bien que bouger, découvrir de nouveaux endroits, rencontrer de nouvelles personnes et apprendre de nouvelles choses sont quelques un de mes moteurs forts. Je me suis alors demandée si ce n’était pas ça mon mode de vie idéal : être une voyageuse au long cours, sans routine, constamment sur les routes avec un travail de digital nomade…

Alors j’ai voulu tester : comment je vis le fait de ne pas avoir de point fixe, d’aller d’auberges en airbnb avec simplement mon sac à dos contenant le minimum vital, et un ordinateur pour travailler…

J’ai choisi de partir en Espagne, parce que ce pays m’a toujours attiré, pour son architecture et sa gastronomie. Et puis le fait d’être pas loin de la France me rassurait aussi, il faut bien le dire. Je n’étais jamais partie sur les routes sans programme avec seulement mon sac à dos. Je voulais pouvoir rentrer du jour au lendemain si les choses se gâtaient ou si je ne me sentais pas bien dans ce mode de vie.

J’ai fais la liste des endroits que je voulais voir en un mois, et je suis partie : Gérone, Costa Brava, Barcelone, Valence, Grenade, Cordoue, Séville, et enfin Madrid.

Le bilan est plutôt mitigé.

Je suis super contente d’être partie découvrir l’Espagne. Je suis fière de moi, j’ai mené à bien ce projet qui me tentait. Mais le mode de vie de voyageuse au long cours ne me correspond pas. Et je suis bien contente de l’avoir essayé pour le savoir.

Alors pourquoi ça ne m’a pas plu ?

  • J’ai trouvé que prendre le bus ou un blablacar pour changer de ville, se poser dans une auberge, visiter la ville, rester 2 ou 3 jours, et recommencer encore et encore manquait cruellement de sens. Les visites se suivent et se ressemblent presque, et ne servent pas à grand choses à part se dire qu’on l’a fait.
  • Je ne suis définitivement pas le genre de personne qui engage la conversation tout le temps avec n’importe qui. J’en ai rencontré, des voyageurs qui ont vraiment le goût des rencontres humaines. Ils discutent avec tout le monde, et ça leur ouvre plein d’opportunités, rendant leur voyage riche d’imprévus et d’expériences. Mais moi je n’aime pas ça, je suis une solitaire, parler constamment avec n’importe qui n’est ni naturel ni plaisant. J’en suis capable, ce n’est pas une histoire de timidité. Mais si les extravertis se rechargent au contact des autres, les introvertis se fatiguent, se vident de leur énergie. Et moi, je suis une introvertie. Alors forcément, je suis restée très seule durant ce voyage. Non pas que ça m’ai pesé, j’aime beaucoup être seule, mais j’ai trouvé ça dommage.
  • Finalement, j’ai plus appris de mon voyage au Canada, où je n’ai quasiment rien vu du Canada dans son ensemble, mais où j’ai partagé le quotidien d’une famille locale durant 2 mois tout en leur étant utile, que de ce voyage en Espagne où j’ai beaucoup bougé, mais n’ai finalement rien appris sur le mode de vie des Espagnols.
  • Mon plus beau souvenir a été les 3 jours que j’ai passés à Valence avec des amis venus passer leurs vacances au même endroit au même moment (belle coïncidence !). Une illustration de la phrase qui dit que le bonheur n’est réel que s’il est partagé. Je rajouterai : partagé avec des gens qui nous sont chers, avec qui l’on se sent bien.
  • Je n’ai pas du tout été à l’aise avec le mode  » nomade en auberge de jeunesse ». J’ai vraiment besoin de me sentir en sécurité vis à vis de mon logement, pouvoir me dire « bon là j’en ai marre, je rentre me poser tranquillement chez moi », plutôt que d’être en logement collectif qui change constamment, et qui se décide un peu la veille pour le lendemain.
  • Et enfin, j’ai commencé à ressentir une gène vis à vis du fait de voyager à tout va. Dans cette époque de crise écologique, j’ai commencé à trouver que le fait de parcourir la planète juste pour « voir » et « kiffer » était un peu déplacé. En tout cas, je ne me suis pas sentie en accord avec mes valeurs, de plus en plus écologiques…

Bref, je suis rentrée de ce voyage au bout de 3 semaines au lieu des 1 mois et + si affinité prévus au départ, mais j’y ai appris beaucoup de choses sur moi-même, sur mon fonctionnement.

En rentrant en France, j’ai vraiment eu un sentiment de « retour à la maison » qui m’a fait me dire que finalement, je n’envisage pas de partir vivre hors de France. La France fait partie de mon identité, c’est le pays dans lequel je me reconnais et dans lequel je me sens chez moi. Parti vivre des expériences temporaires ailleurs ok, mais la France restera toujours mon pays d’attache, mon camp de base dans lequel je souhaite vivre.

J’ai aussi pris conscience que je n’aspirais pas du tout à être nomade, car c’est un mode de vie dans lequel je me sens en insécurité. J’aspire de plus en plus à avoir mon chez moi, mon « QG », qui serait le plus possible à mon image, et dans lequel je me sente vraiment sereine. Il parait que c’est l’âge qui fait ça 😉

Après je reste quand même quelqu’un qui a besoin de bouger, de découvrir d’autres façons de vivre. Mais quitte à voyager, je sais maintenant que je préfère soit être utile aux autres (principe du wwoofing, du workaway etc…), soit découvrir de façon plus douce, plus lente, plus au contact de la nature et des paysages, comme par exemple en marchant (sentiers de grandes randonnées…)

En conclusion, merci l’Espagne pour toutes ces nouvelles connaissances sur moi-même et sur mes aspirations !

La suite de ma recherche de vie au prochain épisode 🙂

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